histoire et mémoires des conflits hggsp dissertation
Thème3 - Axe 1 - Mémoires et histoire d'un conflit : la guerre d'Algérie 1ére heure de cours : Étape 1: prendre conscience du rapport des élèves avec le médium qu’est la bande dessinée. Distribution d’un questionnaire. Cf. annexe 1 (nécessité d’une petite remédiation sur les Après avoir récupéré le questionnaire :
Dissertation: HGGSP: mêle conflit arabo-yemenite. Recherche parmi 274 000+ dissertations. - d’après Amnesty internationale, Le 25 mars 2015, une coalition internationale menée par l’Arabie saoudite lançait des frappes aériennes contre le groupe armé des Houthis au Yémen, déclenchant un conflit armé de grande ampleur.
Mémoireset histoire d'un conflit : la guerre d'Algérie. Dalila Chalibi nous présente l'ouvrage de Raphaëlle Branche, "Papa, qu'as-tu fait en Algérie", dans le cadre du 3ème thème d'HGGSP (terminale), " Papa, qu'as-tu fait en Algérie ", un compte-rendu de Dalila Chalibi. Cet ouvrage est une enquête sur un silence familial qui porte sur
2- Axe 1 - Histoire et mémoires des conflits; 3 - Axe 2 - Histoire, mémoire et justice; 4 - Objet conclusif - Histoire et mémoires du génocide des juifs et des Tsiganes; 5 - Divers; Term Thème 4 - Patrimoine ; Term Thème 5 - Environnement; Term Thème 6 - Connaissance; Actualités; Forum; Participants; Plan de l'espace; Fil d'Ariane. Tribu; Enseignants HGGSP NATIONAL -
Faceaux conflit du passé, la démarche historienne visant l'objectivité entre-t-elle toujours en contradiction avec le travail de mémoire, par définition, subjectif ? Mémoires : souvenirs
nonton hi bye mama sub indo bioskopkeren. Durant la guerre d'Algérie 1954 - 1962, l'État français cherche à minimiser le conflit. Suite à l'indépendance, le FLN qui prend le pouvoir en Algérie institue une histoire officielle du conflit dans laquelle sont occultées les divisions au sein des nationalistes ainsi que le rôle des Kabyles. Le pouvoir avance l'idée d'un soulèvement spontané et unitaire du peuple algérien derrière le FLN et contre la France. En France, les acteurs du conflit les soldats, les pieds-noirs rapatriés, les harkis taisent leur expérience du conflit. Le silence concerne aussi l'État qui ne reconnaît pas la guerre. Benjamin Stora parle d'une "guerre ensevelie". Pourtant, les différents acteurs du conflit entretiennent des mémoires différentes voire contradictoires de la guerre. Après le silence vient la période du "réveil des mémoires". Les différents groupes portent leurs revendications et souhaitent faire reconnaître leur vision de l'histoire. Le rôle des historiens est important dans ce "réveil des mémoires". Grâce à leurs travaux, ils ont pu faire la lumière sur le conflit et sur ses zones d'ombre, dont l'utilisation de la torture. À partir de la fin des années 1990, notamment grâce aux travaux des historiens, la France intègre la guerre d'Algérie dans la mémoire officielle. Les archives sont ouvertes, le conflit est reconnu. Malgré la reconnaissance de la guerre d'Algérie, toutes les mémoires ne sont pas apaisées. Certains groupes contestent la mémoire officielle de l'État et l'Algérie réclame encore la repentance. Les historiens sont soumis à des pressions de la part des différents groupes porteurs de mémoires et face à la mémoire officielle. Bien qu'ils doivent être indépendants à l'égard des revendications mémorielles, leur travail fait évoluer les mémoires. En Algérie, la situation a peu évolué. Après une tentative de démocratisation du pays qui échoue, le pays maintient une vision officielle du conflit et continue d'encadrer les travaux des historiens. ILes mémoires de la guerre d'Algérie au lendemain du conflit La mémoire est la présence sélective des souvenirs du passé dans une société donnée. Elle est souvent plurielle et conflictuelle les différents groupes qui ont vécu des événements douloureux se font leur propre construction du passé et ces différentes visions peuvent s'opposer. Les groupes qui portent les mémoires cherchent une reconnaissance dans le présent de leur vision des événements. L'histoire a pour vocation de restituer le passé de la manière la plus objective possible. Elle s'appuie sur une étude critique des sources écrites, orales ou encore archéologiques. Ainsi, mémoires et histoire présentent des différences quant au type de questionnements adressés au passé. Les mémoires veulent réhabiliter, "sauver de l'oubli", alors que l'histoire veut comprendre et expliquer le passé. Même si l'histoire ne doit pas, dans un souci d'objectivité, être soumise aux enjeux des mémoires, il existe de nombreux liens et des interactions entre les deux. AUne guerre sans nom La guerre d'Algérie est considérée comme une guerre sans nom. Elle commence le 1er novembre 1954 suite à une série d'attaques commises en Algérie par le Front de libération nationale algérien FLN. Alors que le conflit s'intensifie, le gouvernement français cherche à minimiser les combats. Il parle "des événements d'Algérie" et décrit l'intervention des forces françaises comme des simples "opérations de police" visant à "pacifier le pays". Les combattants algériens sont décrits comme des "rebelles". Face à cette négation officielle du conflit, des voix discordantes dénoncent le rôle de la France dans la guerre. Le parti communiste, ouvertement anticolonial, dénonce l'intervention française et la torture pratiquée par l'armée française, notamment lors de la bataille d'Alger. Des "comités Audin" se mettent en place dans le milieu universitaire. Cela fait suite à l'assassinat sous la torture du militant communiste Maurice Audin, mathématicien français travaillant à Alger et favorable à l'indépendance algérienne. Des journaux comme L'Express, avec François Mauriac, critiquent l'intervention française. Plusieurs témoignages se font l'écho des pratiques utilisées par les forces françaises, dont la pratique de la gégène. Ainsi, le général Pâris de Bollardière, Henri Alleg, rédacteur de La Question en 1958 ou l'historien Henri-Irénée Marrou dénoncent la torture. Enfin, des intellectuels, des artistes et des universitaires, dont Jean-Paul Sartre, directeur de la revue Les Temps modernes, signent le manifeste des 121 en 1960 pour dénoncer le militarisme français et la torture. Le gouvernement déploie une intense répression à l'encontre de ces oppositions. La Question d'Henri Alleg est interdit et son auteur est condamné à la prison. La police réprime de manière très violente les manifestations dénonçant le conflit. Le 17 octobre 1961, en France, une manifestation pacifique d'Algériens dénonçant le couvre-feu imposé aux Nord-Africains provoque une répression sanglante de la police sous les ordres du préfet Papon. Une centaine d'Algériens sont tués et plusieurs centaines sont blessés. De même, une manifestation pour l'indépendance de l'Algérie le 8 février 1962 aboutit à la mort de 9 personnes à la station de métro Charonne à Paris. BMémoire officielle en Algérie après le conflit L'Algérie devient indépendante suite aux accords d'Évian en 1962. L'armée des frontières branche de l'ALN basée en Tunisie et au Maroc s'impose au pouvoir au détriment du Gouvernement provisoire de la République algérienne GPRA. L'État algérien encadre l'histoire du conflit qui est nommée la "Révolution nationale" ou encore la "Guerre de libération". Le conflit est présenté en Algérie comme un soulèvement spontané du peuple algérien. L'histoire officielle parle de 1,5 million de morts algériens, alors que le chiffre réel se situe autour de 300 000. Le gouvernement minimise les divisions entre les nationalistes algériens pendant le conflit et notamment les luttes entre le FLN et le MNA de Messali Hadj qui a causé plus de 10 000 morts. Le conflit est complètement limité à une opposition entre les Français et les Algériens. Toujours avec pour objectif de mettre en avant l'unité nationale, le rôle des Kabyles dans la lutte contre les Français est passé sous silence tandis que celui de l'ALN est exagéré. Les livres scolaires, les monuments, les commémorations sont des relais de cette histoire officielle. Le travail des historiens est d'ailleurs surveillé par l'État qui contrôle étroitement les recherches scientifiques du Centre national d'études historiques algérien CNEH et encadre en 1972 un travail de rassemblement d'archives orales et écrites du 1965, suite au coup d'État d'Houari Boumédiène, le FLN devient le parti unique de l'Algérie et accentue la diffusion de la mémoire officielle du conflit. L'historien Guy Pervillé parle d'une "hyper commémoration obsessionnelle". Mohammed Harbi, historien algérien et ancien membre du FLN, est condamné pour sa contestation de l'histoire officielle et s'enfuit en France. CLa "guerre ensevelie" En France, après l'indépendance de l'Algérie, le conflit est en revanche passé sous silence. Benjamin Stora parle d'une "guerre ensevelie". Ce sont d'abord les groupes concernés par le conflit qui cherchent à oublier les souffrances et les douleurs de la guerre. Environ 800 000 pieds-noirs sont rapatriés en France. Lorsqu'ils arrivent dans ce pays qu'ils connaissent peu, ils sont démunis, et nombreux sont ceux qui veulent tourner la page. La priorité est à l'intégration. En particulier à cause des attentats commis par le groupe terroriste OAS en France, les pieds-noirs pensent qu'il est préférable de rester discrets. Les Algériens présents en métropole, dont une grande partie arrive dans le cadre de l'immigration de masse organisée par la France, ne veulent pas faire ressortir la mémoire du conflit et les attentats perpétrés par le FLN. L'État français, présidé par de Gaulle, cherche aussi à faire oublier la guerre. La France a perdu l'immense majorité des terres qui composaient son empire colonial. Sa place dans le monde décline depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et l'État veut préserver l'unité nationale. De plus, les violences commises par l'armée française sont en contradiction avec les valeurs d'une France que l'on appelle "pays des Droits de l'homme". En 1968, des lois sont votées pour amnistier tous ceux qui ont pris part au conflit et les soldats qui ont participé au putsch des généraux en 1961 sont réintégrés dans l'armée en 1982. La population française oublie assez vite le conflit, dont aucune mention n'est faite dans les livres scolaires, et les historiens n'ont pas accès aux archives. IILe réveil des mémoires ADes mémoires divisées Le réveil des mémoires n'a lieu qu'à partir des années 1970. Malgré le silence fait sur la guerre d'Algérie au lendemain du conflit, les mémoires des différents groupes concernés sont différentes et parfois opposées. De nombreux pieds-noirs entretiennent une vision idéalisée de leur vie en Algérie, on parle de la "nostalgérie". Les anciens combattants sont victimes de l'oubli officiel du conflit et n'ont pas le droit à la reconnaissance de leur statut. Les harkis, qui ont pu quitter l'Algérie, sont rassemblés dans des camps et ils s'estiment trahis par l'État français. Ceux restés en Algérie ont subi des massacres. Certains militaires défendent le bien-fondé de la guerre et entretiennent l'idée d'un conflit qui s'est inscrit dans la logique de la guerre froide. Ils soutiennent que les méthodes utilisées par l'armée, dont la torture, étaient justifiées. Ils exagèrent aussi le rôle social joué par la France auprès des populations indigènes lors de la colonisation. Enfin, les militants pour l'indépendance de l'Algérie, dont le parti communiste, se souviennent des méthodes utilisées pendant la guerre et de la répression de l'État français lors des manifestations pacifistes. Ils veulent que la France reconnaisse la guerre. B"L'accélération mémorielle" Après une période de silence sur le conflit, les différents groupes mettent en avant leur souvenir et veulent faire reconnaître leurs revendications. C'est le temps de l'anamnèse, c'est-à-dire de la prise de conscience des mémoires refoulées. À partir des années 1970, les "porteurs de mémoires" participent au développement de l'"accélération mémorielle" Les pieds-noirs forment des associations afin de réclamer des indemnités pour les biens qu'ils ont perdus. Ils veulent aussi accéder aux tombes des membres de leur famille enterrés en Algérie. En 1970, une loi leur accorde des indemnisations qui leur semblent encore insatisfaisantes. Les anciens combattants, regroupés dans des associations influentes, dont le FNACA, obtiennent le statut d'ancien combattant en 1974. Les harkis se révoltent en 1975 et 1976 contre leurs conditions de vie dans les camps. Ils veulent une reconnaissance de leur rôle pendant la guerre. Des groupes proches de l'extrême droite et de l'OAS, particulièrement dans le Sud-Est de la France, organisent des manifestations et érigent des stèles en souvenir de "l'Algérie française". Parmi ces personnes, Jean-Marie Le Pen, ancien combattant de la guerre d'Algérie, légitime les méthodes françaises et est accusé par de nombreux témoignages d'avoir pratiqué lui-même la torture. Face à la montée du racisme dans les années 1970 et 1980, la Marche pour l'égalité et contre le racisme, aussi appelée "Marche des beurs", réunit en 1983 des membres de la communauté maghrébine. Pour la première fois, des enfants de harkis et des enfants de membres du FLN marchent ensemble afin de réclamer une réelle place dans la société française. Enfin, en 1983, la guerre d'Algérie est intégrée dans les manuels scolaires. CLe travail des historiens et des cinéastes dans les années 1970 Bien que les archives soient encore difficiles d'accès, des historiens s'emparent du thème de la guerre d'Algérie En 1961, durant le conflit, l'historien Pierre Nora a publié Les Français d'Algérie. Entre 1968 et 1971, le journaliste Yves Courrière entreprend une histoire du conflit dans son ouvrage La Guerre d'Algérie. En 1972, l'historien Pierre Vidal-Naquet publie La Torture dans la République. Il avait déjà publié L'Affaire Audin en 1958. Charles-Robert Ageron publie en 1973 un ouvrage intitulé Politiques coloniales du Maghreb. Des cinéastes s'emparent également du conflit sur lequel ils souhaitent faire la lumière En 1966, La Bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo remporte le Lion d'or de Venise, mais le film n'est pas autorisé à sortir dans les salles. En 1972, René Vautier sort Avoir vingt ans dans les Aurès. Ce film raconte l'histoire de jeunes soldats français pris dans l'engrenage de la violence. La génération d'historiens qui travaille dans les années 1960 et 1970 sur la guerre d'Algérie est constituée de personnes qui ont été confrontées directement ou indirectement au conflit. Expliquer le conflit permet de rompre le silence officiel. Certains des historiens ont milité pendant la guerre, et en faire l'histoire constitue pour eux un acte politique. Par exemple, Pierre Vidal-Naquet, qui a milité pendant le conflit contre la torture, continue par la suite son travail historique visant à établir les faits, à les expliquer et à les faire sortir de l'ombre. IIILes sociétés et les historiens face à "cette guerre qui ne passe pas" ALa difficile mémoire officielle en France À partir des années 1990, la France entreprend la reconnaissance officielle du conflit et des pratiques de l'armée française. En 1992, les archives de la guerre sont ouvertes. En 1999, l'Assemblée nationale reconnaît que le conflit était une "guerre". L'utilisation de la torture est aussi acceptée dans la mémoire nationale. D'anciens généraux témoignent de ces pratiques, comme les généraux Aussaresses et Massu. La parole des victimes est aussi reconnue. Louisette Ighilahriz témoigne des tortures qu'elle a subies alors qu'elle avait 20 ans. En 2002, Jacques Chirac inaugure le mémorial national de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie. En 2012, François Hollande, en visite officielle en Algérie, parle de la "souffrance du peuple algérien" et évoque la torture. En 2012 également, la journée du 19 mars devient la journée du souvenir des "victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie" et l'État reconnaît le massacre du 17 octobre 1961. Pourtant, malgré la reconnaissance officielle de la guerre d'Algérie, le conflit des mémoires persiste En 2005, le groupe des "Indigènes de la République" accuse la France d'être encore un État colonial et porte un regard critique sur ses pratiques passées mais aussi actuelles. En 2005, la loi Mekachera fait scandale, car elle propose que soit reconnu le "rôle positif de la présence française en Afrique du Nord". De plus, l'Algérie reproche à la France de ne pas avoir émis des excuses officielles et réclame la repentance de la France. En 2007, à Perpignan, un mur est inauguré, portant les seuls noms des morts européens de la guerre. En 2012, le Front national condamne l'intervention de Nicolas Sarkozy reconnaissant que "la guerre a aussi meurtri les Algériens" et souhaite une condamnation des porteurs de valises du FLN. Par ailleurs, la journée de souvenir des "victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie" est contestée, car elle prend pour référence le cessez-le-feu du 19 mars 1962, et les opposants estiment qu'elle passe sous silence les Européens et les harkis tués après le cessez-le-feu par les Algériens. BEn Algérie, la persistance d'une lecture unique de la guerre Le climat politique change en Algérie au cours des années 1980. Les émeutes de 1980 en Kabylie brisent le mythe d'une unité nationale algérienne. En 1988, la jeunesse algérienne se révolte contre le pouvoir et exige la libéralisation du système politique. Ces révoltes aboutissent à la mise en place d'un processus démocratique, interrompu en 1992 par la junte militaire au pouvoir. L'enlisement du pays dans la guerre civile qui oppose les islamistes à l'armée et fait environ 100 000 morts achève la démocratisation du pays. L'attitude du gouvernement sur le conflit reste la même L'accès aux archives est interdit. Les harkis sont encore perçus comme des traîtres. Les actes de violence reconnus sont limités aux seuls agissements des Français. Le rôle du MNA, ainsi que des Berbères, est occulté au profit du rôle du FLN. Les violences faites par le FLN, notamment contre les civils qui refusaient de payer "l'impôt révolutionnaire", sont ignorées. En 1995, Bouteflika réintègre les pères fondateurs du nationalisme algérien, tels que Messali Hadj, dans la mémoire nationale. Cependant, cette ouverture est rapidement remise en cause. Les historiens sont censurés et leurs communications à l'étranger doivent être approuvées par le ministère algérien de l'Éducation. Lois mémorielles Les lois mémorielles sont des lois déclarant un point de vue officiel sur un événement historique. Ces lois peuvent être seulement déclaratives, c'est-à-dire reconnaître des événements, ou effectives, c'est-à-dire assortir la loi de sanctions loi Gayssot de 1990 punit la négation des crimes contre l'humanité. La loi de 2001 reconnaît publiquement l'existence du génocide arménien et la loi Taubira de 2001 déclare que la traite négrière est un crime contre l'humanité. Enfin, la loi de 2005 prévoit la reconnaissance du "rôle positif" de la colonisation. CLes historiens contre le "présentisme" Dans les années 1990, une nouvelle génération d'historiens, nés après le conflit, travaille sur la guerre d'Algérie. Certains d'entre eux entreprennent des collaborations avec la première génération d'historiens du conflit Raphaëlle Branche publie La Torture et l'armée pendant la guerre d'Algérie en 2001, grâce à un travail réalisé à partir de témoignages et d'archives. Benjamin Stora collabore avec Charles-Robert Ageron et Mohammed Harbi. Sylvie Thénault publie Une drôle de justice en 2001. Tramor Quemeneur rédige une thèse intitulée Une guerre sans "non" en 2007, dans laquelle il se penche sur l'histoire des réfractaires à la guerre d'Algérie. Yann Scioldo-Zürcher montre dans ses travaux que, contrairement à la mémoire développée par les pieds-noirs, l'État français a mis en place des moyens afin d'intégrer les rapatriés d'Algérie dans la société française. Les historiens s'interrogent sur cette résurgence des mémoires et son incidence sur leur travail. En effet, l'historien ne doit pas être soumis aux différents groupes qui veulent ne retenir que certains aspects de l'histoire, voire les modifier. Il ne doit pas céder aux revendications de ces groupes dont les objectifs sont la recherche de la vérité mais aussi la satisfaction de revendications présentes. En effet, les mémoires se nourrissent des travaux historiques. Bien que les mémoires effectuent une approche sélective du travail des historiens, ces derniers contribuent, en montrant la complexité des faits, à apaiser les débats sur les différentes mémoires. Par exemple, les travaux sur les harkis montrent la complexité des raisons de leur engagement en faveur de la France. Dans l'éducation aussi, le lien entre mémoire et histoire est important. L'enseignant peut, grâce à l'histoire, expliquer l'actualité et les différentes mémoires. De plus, la multiplication des journées mémorielles donne au professeur la possibilité d'aborder certains aspects historiques et de donner du sens à son cours. Des historiens rappellent cependant le danger de trop faire appel à l'émotion des élèves au risque de porter atteinte à l'objectivité de l'histoire. Enfin, les mémoires sont aussi un objet d'étude pour les historiens. Pierre Nora a publié Les Lieux de mémoire, ouvrage dans lequel il analyse la construction des mémoires.
Aujourd’hui, il est partout question de commémoration, de devoir ou d’abus de mémoire. Rapport personnel, affectif au passé, la mémoire semble avoir tout envahi. Culturelle, historique, religieuse, artistique, elle peut se montrer exclusive et nuire au vivreensemble. Mais elle est aussi capable de susciter la résistance à l’oppression, de sauver une minorité, d’assurer la cohésion d’un groupe, d’une société, d’une nation. Autre rapport au passé, à vocation universelle cette fois, l’histoire se tient à distance. Fruit de la rationalité, elle cherche modestement et obstinément une parcelle de vérité. Tout semble donc opposer histoire et mémoires ; les conflits se sont d’ailleurs multipliés, surtout en France. Le pari de l’auteur est pourtant d’en affirmer l’indispensable alliance et d’en proposer les conditions. Les mémoires ont déjà transformé les livres d’histoire, offrant à l’événement et à la biographie une nouvelle jeunesse. Ainsi, l’histoire orale a donné à comprendre, de l’intérieur, les invisibles, restés à l’écart de l’écriture. Les mémoires obligent les historiens à questionner leur métier, leur fournissent de nouveaux objets d’étude et la possibilité de saisir une réalité jusque-là inaccessible. En contrepartie, l’histoire demeure le seul moyen d’apaiser les mémoires blessées, de permettre aux mémoires concurrentes de cohabiter. La meilleure manière de vaincre l’oubli et de se prémunir des excès mémoriels.
Marketplace Dissertation Français Document électronique Lycée 3 pages Description Le réveil mémoriel du génocide juif est l'oeuvre de citoyens ordinaires et d'historiens. Les procès des criminels de guerre comme Eichmann ou Klaus Barbie vont réveiller les blessures. Ce document ne correspond pas exactement à ce que vous recherchez ? Commandez votre document redigé sur mesure depuis notre service Commander un document Commander un document ou bien via la recherche par mots-clés Ces documents pourraient vous intéresser Nous utilisons des cookies afin de proposer une meilleure expérience aux étudiants et aux tuteurs. En cliquant sur OK vous acceptez nos bons cookies. 😋
Il est usuel de définir la mémoire comme étant la faculté de conserver des traces du passé et de pouvoir s’y référer activement en fonction des situations présentes. Mais très souvent, les discours identitaires, empêchent une lecture objective des événements historiques. Récemment, le rapport Stora » a renouvelé le débat ancien, mais toujours renouvelé, autour des liens existants entre la mémoire historique et l’histoire savante. Recenser, rassembler, mettre en ordre étaient les maîtres-mots de son rapport. Mais face à ce vif intérêt pour la mémoire, d’autres voix s’élèvent pour mettre en garde contre l’instrumentalisation de ce qui reste vivant de la mémoire historique » au service de la politique. Devoir de mémoire Dans son livre intitulé Douze leçons sur l’histoire 1996, Antoine Prost récapitule les différences fondamentales qui existent à ses yeux entre histoire et mémoire. Selon lui, à l’inverse de l’histoire, la mémoire isole un événement de son contexte ; elle cherche à le tirer de l’oubli pour lui-même et non pour l’insérer dans un récit cohérent créateur de sens ; selon lui, la mémoire est affective, tandis que l’histoire se veut objective. Ainsi, en dépit des apparences, l’injonction incantatoire au devoir de mémoire », lui semble-t-elle en réalité une négation de la demande d’histoire. Cet antagonisme entre histoire et mémoire est apparu récemment. Il est la conséquence des profondes mutations qui, depuis plus d’un siècle, ont affecté la définition de l’histoire comme celle de la place revendiquée dans la société par les historiens. Progressivement, ceux-ci ont pris de la distance vis-à-vis de la fabrication d’un roman national, et ont affiché leur méfiance, après les expériences douloureuses du XXe siècle, envers toute tentation de manipulation de la mémoire collective. Les renouvellements introduits par l’École des Annales en faveur d’une histoire globale inscrite dans la longue durée ont aussi contribué à cette rupture des historiens avec l’histoire-mémoire traditionnelle. En contrepartie de cet effacement, on assiste depuis quelques années à la montée des revendications mémorielles, face auxquelles les historiens doivent se positionner. Entre Clio » et Mnemosynè » À l’origine, l’histoire est mémoire. Au Ve siècle av. Hérodote d’Halicarnasse justifie d’ailleurs d’emblée son entreprise par la volonté de préserver de l’oubli des événements qu’il juge d’importance. En ce sens, au moment de sa fondation, l’Histoire ne se donnait pas un objectif si différent du mythe la poésie épique de type homérique, ou bien la tragédie, mettaient également en scène les grands événements du passé sans négliger d’en proposer une explication. D’ailleurs, rappelons que les Grecs considéraient que Mnemosynè, c’est-à-dire la mémoire divinisée, était la mère des neufs Muses, dont Clio la Muse de l’histoire. Déjà à la fin du VIIIe siècle av. Hésiode se présente, dans les premiers vers de sa Théogonie, comme celui auquel les Muses ont accordé la connaissance du passé héroïque. Comme le rappelle Paul Veyne à juste titre, le poète est un possédé de la mémoire, un témoin inspiré du mythe constructeur du passé. L’historien, pour sa part, est témoin d’un temps. Mais le principe est le même Lucien de Samosate rapporte que les auditeurs des lectures publiques effectuées par Hérodote à Olympie donnèrent aux neuf livres de ses Enquêtes les noms de chacune des Muses. Authentique ou non, cette anecdote révèle un parallèle établi entre l’historien et le poète, dans leur rapport à la mémoire autant que dans l’agrément de la forme. Durant toute l’Antiquité classique subsiste l’idée que l’historien transmet par son œuvre un souvenir mémorable utile à la postérité. Celui qui l’a formée le plus clairement est sans doute Cicéron, dans ses Dialogues de l’Orateur écrits en 55 av. dans lesquels il présente l’Historia comme un témoin des temps. Ainsi, chez les Romains de la fin de la République et du début du régime impérial, l’histoire se fait véritablement remémoration à vocation exemplaire la commémoration y est source d’émulation et contribue à construire une mémoire socialement effective, procédé très sensible par exemple chez Tite-Live. Toutefois, si l’histoire est bien mémoire, elle ne constitue pas qu’un aspect de celle-ci, sous une forme particulière et qui peut même être jugée mineure. D’une manière générale, les sociétés méditerranéennes de l’Antiquité disposaient de supports mémoriels puissants et variés qui ne leur rendaient pas indispensable l’écriture de l’histoire. Tout se passe comme si l’invention de l’histoire s’était produite inexplicablement, sans réelle demande sociale. Et comme l’a bien mis en évidence l’historien italien Arnaldo Momigliano 1908-1987, les Grecs disposaient, sans l’aide des historiens, de tous les savoirs sur le passé dont ils avaient besoin. Ceci explique que l’histoire soit restée dépourvue de véritable statut pendant une bonne partie l’Antiquité et que les historiens n’aient jamais acquis une place reconnue dans la société antique. À ce propos l’historien italien notait la chose suivante Ce ne peut être un hasard si tant d’historiens grecs vécurent en exil et si tant d’historiens romains furent des sénateurs d’un âge mûr les uns écrivirent l’histoire alors qu’ils se trouvaient empêchés de participer à la vie normale de leur propre cité, et les autres alors que leur vie active approchait de sa fin. » Arnaldo Momigliano, Problèmes d’historiographie ancienne et moderne, Paris, 1983, p. 55 Ni enseignée, ni toujours bien distinguée de la littérature dans l’esprit du public de l’agora antique, l’histoire n’était qu’une des modalités de la mémoire collective, et pas nécessairement la plus importante. Mais avec la christianisation du monde antique, l’ancrage historique de la mémoire se déplace vers la liturgie, qu’illustre les Memoriae d’Antiquité tardive et du Moyen Age. Vers une histoire-mémoire Lorsqu’elle émerge à la Renaissance, l’historiographie moderne cherche les racines des histoires locales jusque dans l’Antiquité qu’on redécouvrait alors avec passion c’est ainsi qu’à la fin du XVIe siècle Étienne Pasquier 1529-1615 mit à l’honneur, dans ses Recherches de la France, le mythe de nos ancêtres les Gaulois ». Non que le souvenir des Anciens n’ait jamais été perdu au contraire, il suffit de songer à la référence politique constante qu’à représentée l’Empire romain durant tout le Moyen Âge, comme en témoigne par exemple la fameuse Donation de Constantin, dénoncée notamment par Lorenzo Valla 1407–1457 comme une création » forgée de toutes pièces. Mais désormais, l’humanisme aidant, l’amour de l’Antique caractérise le classisme européen, durant lesquels l’histoire occupe une place privilégiée dans la culture des hommes du temps. Académies et sociétés savantes entretiennent le rêve des origines, permettant aux élites locales ou régionales de penser leur identité face à une histoire officielle dominée par la centralisation monarchique. La Révolution française et l’Empire porteront à leur comble les emprunts à une Antiquité stéréotypée et atemporelle dans le but de construire une mémoire lavée de l’héritage abhorrée de la monarchie et de l’Ancien Régime. Par la suite, les nationalistes du XIXe siècle puiseront à leur tour abondamment dans l’histoire ancienne pas seulement gréco-romaine d’ailleurs pour fonder leurs revendications souvent antagonistes. En France par exemple, la construction de la mémoire collective a procédé par flux et reflux. La place accordée au Moyen Âge est de ce point de vue significative. Si l’on considère que, pour être opératoire, le travail de mémoire doit succéder à temps d’oubli, alors il a dû être singulièrement efficace s’agissant du Moyen Âge. Plus qu’un oubli, on y verra d’ailleurs plutôt un effort délibéré de distinction et, dans le même temps, de dépréciation peu favorable à une remémoration continue c’est ainsi que les savants de la période classique et de celle des Lumières ancrèrent dans les esprits une certaine idée du Moyen Âge, obscur et peu digne d’intérêt, que les hommes de la Renaissance avaient lancée. L’engouement romantique pour la période médiévale apparaît donc, de ce point de vue, comme une grande rupture dont les premiers conservateurs et muséographes des années révolutionnaires furent certainement les éclaireurs. Les musées Cluny, Petits-Augustins…, donc, mais aussi les arts, romanesque ou pictural, connurent alors un véritable foisonnement médiéval qui ne se démentit pas par la suite même si leur œuvre était pétrie d’erreurs historiques grossières, Alexandre Lenoir, Victor Hugo ou Alexandre Dumas ont éveillé une passion populaire pour cette période historique. La qualité historique de leurs écrits importe peu ici rapidement, de vrais historiens prendront le relais, qui n’auraient jamais pu le faire sans cet engouement initial. C’est à partir de là qu’une dynamique a été impulsée, dont l’enseignement – secondaire et supérieur dès la Restauration, primaire à partir de la IIIe République – a été le principal moteur, entre vulgarisation des apports de l’histoire savante et passion de plus en plus partagée pour le Moyen Âge. Là, le mythe des origines », pour reprendre l’expression de Marc Bloch, trouvait sa pleine expression Clovis à Tolbiac, Charles Martel à Poitiers, Charlemagne et sa barbe fleurie à Roncevaux, Louis IX sous son chêne et Jeanne d’Arc sur son bûcher… Les Français des trois derniers quarts du XIXe et de la première moitié du XXe siècle invoquaient les grandes figures que le premier sentiment national, médiéval celui-là, avait déjà honorée, mais en les réactualisant totalement. Un subtil compromis avec toutes les formes de l’héritage révolutionnaire permettait que, miraculeusement, tous les Français s’y retrouvent, ce en quoi le mythe peut être qualifiée de pleinement opératoire. Sans surprise, il se délita lorsque le sentiment national lui-même qui le sous-tendait s’affaiblit pour différentes raisons politico-culturelles, dont la mondialisation. Enfin, l’on peut remarquer que les identités dites de minorités », régionalistes notamment, qui s’affirmèrent en s’opposant à une identité nationale englobante dont elles se disaient victimes, s’agrégèrent selon un mécanisme similaire d’invocation d’une mémoire des origines médiévales les Bretons retrouvèrent le roi Arthur et Brocéliande, les Languedociens les Cathares et les Corses les pourfendeurs de Maures. Histoire et mémoire Comment lutter contre l’oubli avec Patrick Boucheron et Michaël Foessel. L’histoire, la mémoire et l’oubli Réfléchissant le lien entre le trio histoire, mémoire et l’oubli, le philosophe Paul Ricœur 1913-2005 établit un utile distinguo entre mémoire empêchée », manipulée » et obligée », et invite en conséquence au travail de mémoire », une notion jugée moins stérilisante que l’omniprésent devoir de mémoire », ce passage obligé de nombreuse exhortations issues de la classe politique. C’est d’ailleurs en réaction contre les risques de dérapages antiscientifiques inhérents à ces rappels à l’ordre que, dans la fin des années 1980, s’est développée une histoire de la mémoire, en tant que branche de l’histoire des représentations. L’histoire de la mémoire collective est ici entendue comme celle de l’usage des passés dans les présents successifs. Caractéristique de cette démarche, l’entreprise de Pierre Nora par exemple, vise à l’établissement d’une cartographie mentale. Dans ce cadre, les lieux de mémoire sont entendus largement, puisqu’à côté des panthéons » nationaux des emblèmes figurent également des notions telles les spécificités régionales, l’imaginaire, le folklore populaire… etc.. Ici, lieu » équivaut à élément du patrimoine symbolique ». L’étude de Pierre Nora, partie d’une volonté de déconstruction d’un paysage anthropologique familier, aboutit à la mise sur pied d’un ensemble monumental.
Jalon 2 - Exploiter et protéger une ressource naturelle » la forêt française depuis Colbert Ressources naturelles mise en valeur d’un capital naturel ressources minérales, énergétiques, épuisables ou renouvelables Forêt grande étendue couverte d’arbres territoire d’au moins 5000m2 occupé au moins par 20% de couvert boisé. On distingue la forêt vierge ou primaire forêt ayant évolué sans intervention humaine de la forêt secondaire forêt s’étant reconstituée après l’exploitation de la forêt Comment ont évolué les interactions entre la société et la forêt depuis l’Ancien Régime jusqu’à nos jours ? Préambule voir diaporama Evolution de la forêt depuis le Moyen Age quels constats peuvent être faits ? Activité n°1 La forêt française sous Colbert et l’Ancien Régime une ressource essentielle notice biographique p 292 Documents à étudier + diaporama Les chênes français, le "trésor" de Colbert par Jacques-Marie Vaslin maître de conférences, Le Monde, 27/04/2011. Les forêts françaises abritent aujourd'hui des chênes plusieurs fois centenaires. Ce qui fait le bonheur des promeneurs dans les forêts de Tronçais dans l'Allier, ou de Bercé dans la Sarthe. Ces arbres sont en fait les reliques d'une politique engagée il y a plus de trois siècles par le parangon du mercantilisme en France Jean-Baptiste Colbert 1619-1683. Au milieu du XVIIe siècle, la marine française est dans un piètre état, contrecoup de la Fronde. Seuls deux ou trois vaisseaux peuvent affronter la haute mer. La marine doit louer ou acheter des navires étrangers en cas de guerre. Colbert décide alors de réorganiser toute la filière, de la culture du chêne au chantier naval. La construction d'un grand vaisseau nécessite d'abattre jusqu'à 4 000 chênes centenaires. Or à cette époque, il n'existe pas de politique forestière digne de ce nom. Le défrichage et la surexploitation des forêts royales ont provoqué une baisse régulière de la surface boisée. La forêt s'étend alors sur environ 13 millions d'hectares. Le bois de chêne étant insuffisant, on en importe essentiellement d'Italie et d'Albanie. Le pin, utilisé pour le gréement, provient d'Europe du Nord. En cas de reprise des hostilités, la maîtrise des routes du bois devient stratégique. Mais toutes ces importations ne conviennent pas au mercantiliste Colbert. Aux yeux de cet homme d'Etat, la forêt constitue à la fois une source de richesse importante, "un trésor qu'il faut soigneusement conserver", et une ressource indispensable pour la construction de navires. On ne la préserve pas pour son écosystème, mais par intérêt militaire et économique. L'ordonnance d'août 1669 scelle une reprise en main vigoureuse des forêts françaises. Un quart de la surface des forêts doit être préservé, l'âge d'abattage des arbres est reculé à vingt ans, 32 baliveaux à l'hectare sont conservés. L'abattage est réglementé. Les résultats ne tardent d'ailleurs pas à se faire sentir les recettes des forêts royales passent de 50 000 livres en 1662 à 1 million vingt ans plus tard. Dans la foulée, les chantiers navals sont réorganisés pour que la fabrication d'un navire prenne un rythme industriel. La réalisation de maquettes de bateaux permet de standardiser leur construction. Dans le dessein d'en augmenter la performance, on fait appel aux mathématiciens et aux géomètres. Le personnel est formé dans des écoles navales, on emploie aussi de la main-d'oeuvre étrangère. Au besoin, on a recours à l'espionnage pour percer les secrets de fabrication des ennemis. L'effort est considérable. Rien qu'en 1673, vingt-six navires et six galères sortent des chantiers de Rochefort, qui emploient alors 20 000 personnes. Dix ans auparavant, ce bourg ne comptait que 500 âmes. En 1677, la marine est en possession de 300 vaisseaux et galères. Mais la Révolution porte un coup à cette politique. La liberté de coupe, restaurée par une loi de 1791, et l'anarchie ambiante livrent les Pau pillage. Le massif forestier s'en trouve réduit de 500 000 hectares. Le début du XIXe siècle voit le retour d'une politique forestière. C'est ainsi que, depuis près de deux siècles, la France maintient une gestion rigoureuse de son patrimoine forestier. L'héritage légué par Colbert se retrouve dans une administration des forêts efficace, de riches massifs forestiers et une conception de l'économie faisant de l'Etat un acteur à part entière. » Vocabulaire Parangon modèle Mercantilisme Doctrine économique des XVI° et XVII° siècles encourageant le développement du commerce extérieur afin d’enrichir l’Etat et de renforcer sa puissance. L’Etat intervient dans l’économie par des lois protectionnistes et en développant des infrastructures telles que les manufactures. Fronde révolte 1648-1653 des nobles du Royaume de France face à la montée de l’autorité monarchique durant la Régence d’Anne d’Autriche minorité de Louis XIV Gréement équipement relatif à la voilure d’un navire mât, cordage, voiles… Baliveau jeune arbre réservé pour la construction Futaie forêt de grands arbres Ordonnance acte législatif émis par le Roi Document 3 page 293 Les maîtrises du royaume de France en 1661 le Royaume de France est divisé en 9 maîtrises, juridictions chargées de gérer les forêts. Questions Qui est Colbert en 1669 ? Quel est le contexte forestier en France au milieu du XVII° siècle ? Comment la forêt est-elle perçue par Colbert ? Que décide-t-il d’instaurer pour exploiter avec rationalité la forêt ? Quel doit être le rôle de l’Etat d’après lui ? Quelles furent les conséquences pour les massifs forestiers français ? pour la stratégie et l’économie françaises ? Activité n°2 La forêt et la révolution industrielle, une rupture dans la relation à l’espace forestier ? Réflexion à partir de la forêt de la Lande de Gascogne Document 1 p 294 Document cf image plus bas dans le blog. Extrait des Annales de géographie - 1925 Article de A Cavaillés A partir d’un livre récent intitulé Transformation des landes de Gascogne et leur situation actuelle » par A Larroquette- 1925 Questions Dans quelle mesure peut-on dire que la forêt des Landes est une ressource naturelle » ? Qui sont les acteurs de la transformation de ce milieu ? Quel est le principal type d’exploitation de cette forêt ? Activité 3 La forêt française à l’heure de la transition écologique, un espace multifonctionnel ou disputé ? Document 5 page 295 Autres documents la vidéo écouter Environnement faut-il interdire l’abattage massif dans les forêts ? Ce vendredi, des dizaines d’affiches seront collées dans le Morvan pour dénoncer les coupes rases. Un enjeu écologique majeur selon les associations. Une parcelle de forêt abattue où quelques souches d'arbres éparses gisent encore au sol comme autant de cadavres. Des troncs transportés par un engin de chantier sur un vallon ratiboisé par les tronçonneuses. Et en légende de ces photos géantes de 3 m de haut, le même message Amazonie? Non, France. Stop aux coupes rases ». … Le phénomène des coupes à blanc se développe partout sur le territoire, dans le Morvan mais aussi en Auvergne, dans les Landes, en Alsace ou dans le Périgord », dénonce le coordinateur des campagnes de Canopée Sylvain Angerand. D'après les associations, le gouvernement prévoit d'augmenter la récolte de bois de plus de 70 % entre aujourd'hui et 2050 ». L'objectif de la campagne est d'interpeller les députés et le gouvernement pour obtenir une loi interdisant les coupes rases de plus de 2 ha, sauf en cas de motif sanitaire. … Chaque hectare récolté doit être intégralement reboisé » La Suisse a interdit les coupes rases depuis 1976 tandis que l'Allemagne et l'Autriche ont adopté des réglementations très restrictives », affirme l'élue LFI Mathilde Panot du Val-de-Marne. Il existe actuellement 136 espèces d'arbres dans les forêts françaises mais on s'oriente de plus en plus vers un modèle d'industrialisation de la gestion forestière avec une volonté de faire au maximum de la monoculture de résineux ». … En décalage avec les enjeux écologiques actuels » Contactée alors par nos soins lors de cette première opération médiatique, l'Union de la coopération forestière française UCFF qui représente 110 000 sylviculteurs forestiers privés, s'était vertement défendue. Nous n'avons aucun intérêt à saccager les forêts que nous gérons et si nous effectuons des coupes rases, nous le faisons de manière professionnelle et maîtrisée, nous expliquait le secrétaire général de l'UCFF, Julien Bluteau. Par ailleurs, il faut bien comprendre qu'il n'y a pas de déforestation puisque chaque hectare de forêt récolté doit être intégralement reboisé ». Sauf que les partisans de la diversité en forêt dénoncent les conséquences de ces forêts artificielles » qui remplacent parfois des massifs de chênes centenaires. Ces forêts plantées sont moins résistantes aux maladies et au réchauffement, attirent moins d'oiseaux, d'insectes et on y voit moins de champignons, énumère Mathilde Panot. Et puis quel effet terrible sur le paysage quand la coupe rase a été effectuée ». Ces pratiques ne sont plus acceptées par la société et en décalage avec les enjeux écologiques actuels, estime Sylvain Angerand. Avec cette campagne, nous voulons plus largement ouvrir le débat sur l'avenir des forêts en France ». Source Le Parisien, 05/06/2020 Qui sont les différents utilisateurs, usagers et quelles sont les différentes fonctions de la forêt en France ? Quels conflits naissent entre ces différents usagers et utilisateurs de la forêt ? Quels sont les enjeux économiques, environnementaux liés à l’utilisation et à la protection de cet espace ?
histoire et mémoires des conflits hggsp dissertation